Mercredi, Août 23, 2017

Témoignage.




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Bonjour à chacun et chacune, je choisi de vous livrer mon témoignage par rapport aux islamistes intégristes, ce site est aussi mon propre espace de liberté, alors je choisi d'y entrer pour vous livrer mon simple point de vue.

Je suis française, je suis née à Perpignan, le 16 juillet 1969, mais je n'ai pas grandi en France.

J'ai grandi en Algérie, pays de mes ancêtres arrivés en terre algérienne en 1830, pour cause de grande disète dans leurs pays d'origine.

Par les faits de l'histoire, mes ancêtres sont espagnols, arabes, italiens, anglais, russes, flamands et français. 

Mes parents sont oranais, ma famille des deux côtés est d'Oran, et comme beaucoup de pieds noirs ils sont rentrés en France le jour de l'indépendance de l'Algérie, à Port-Vendres, dans les P.Orientales, le 5 juillet 1962.

Puis par le biais des accords d'Evian, ils ont choisi de retourner en Algérie en 1966 comme coopérants, car en France ils ne trouvaient pas de travail.

C'est de cette manière qu'ils ont enseigné le français, pour mon père, et la biologie, pour ma mère, dans des établissements algériens durant 18 ans.

Jusqu'en 1983.

J'avais un mois quand je suis arrivée en Algérie, à Hammam Bou Adjar, nous y avons passé 3 ans, puis il y a eu 5 années à Tiaret puis 6 à Oran.

Nous rentrions en France pour l'été chaque année, c'était mon "temps" français, et je l'adorais ce temps passé en France.

On respirait en France, je respirais....

Je ne suis d'aucune religion.

C'est dans ce cadre de vie que je vous propose mon témoignage  vis à vis des islamistes intégristes, car en un temps de ma vie, je les ai bien connus.

Comme toujours, je vous propose, et vous disposez.

Je nous souhaite une belle journée, toujours dans l'éternité du temps présent.

 


La lettre de mes 14 ans

(Depuis les rues d'Oran)


C'est samedi matin.

La journée promet d'être belle, il y a déjà dans le ciel un beau soleil, il fait un peu frais et dans l'air flotte une odeur iodée, c'est celle de la mer.

Oran est au bord de la mer.

Le ciel est habillé d'un bleu que j'aime tant, et que je ne retrouve pas lorsque je vais en France.

Je dois me préparer pour aller à l'école, je vais au lycée français d'Oran, le Lycée Pasteur, ex Lycée Lamoricière.

Je suis en classe de quatrième.

Nous fonctionnons sur le rythme musulman.

Nous allons à l'école au même moment que les élèves algériens, c'est-à-dire que nous avons classe le samedi, le dimanche et le lundi matin, nous reprenons le mardi matin pour aller jusqu'au jeudi midi, début du week-end, qui durera jusqu'au samedi matin.


Mais quelque chose a changé dans les rues d'Oran depuis quelque temps déjà.

Je vous écris depuis le mois de mars de l'année 1983, et cela a commencé dès le mois de mai 1979.


Mais, avant ce fait que je vais vous raconter, il y a depuis quelques années déjà une « crise » économique et alimentaire en Algérie.

J'ai parfois l'impression de vivre en Russie car il règne en Algérie une atmosphère communiste très prononcée.

Il y a de moins en moins de produits en magasin, il y a des queues immenses, juste pour du pain, et les denrées mises en vente coûtent extrêmement cher.

Même les oranges ou les clémentines sont vendues à un prix incroyable.

Ce sont ces rayons de magasin souvent vides qui nous ont poussés à prendre la voiture et aller faire nos courses au Maroc, à Oujda.


1979


En plus d'une situation économique digne du grand frère russe et communiste comme je l'ai écrit plus haut, c'est la fin du conflit russo-afghan, et les combattants musulmans qui s'étaient engagés dans ce combat rentrent chacun dans leur pays d'origine.

C'est ainsi que reviennent massivement en Algérie des hommes partis faire le « djihad » en Afghanistan.

Ils reviennent le cœur empli d'un esprit qu'ils disent être la seule et unique vérité

Les combattants rentrent avec, pendu en toison, un coran, qui n'existait pas le jour de leur départ.

Ils reviennent l'âme couverte d'un étrange voile qu'ils appellent « Charia ».

Ils prononcent des mots que je n'ai pas entendus depuis l'an de grâce 1300, c'était lors de ma dernière croisade, à savoir « guerre sainte, soldats de Dieu, infidèles, mécréants, impurs et djihad ».


Ils réussissent très vite à imposer leurs visions au sein de leur famille, c'est ainsi que dès 1979, mes parents, qui enseignent dans des établissements algériens commencent à voir certaines de leurs élèves venir en cours à la fois dévêtues de ce qui faisait leur tenue auparavant pour être vêtues d'une manière obligatoire d'un voile noir qui leur couvre les pieds.

Les filles commencent à ne plus avoir le droit de faire beaucoup de choses, se maquiller, se vêtir librement, sortir et, à la fin, venir à l'école pour certaines.


Certaines élèves de mes parents ont vu revenir du conflit un père, des frères, des oncles et des grands-pères, tous forts de leurs nouvelles vérités, tous forts de leur volonté d’amener au restant des hommes de la terre le véritable Coran, porteur en son sein de la seule vraie parole de Dieu.

Seule et unique vérité parmi les vérités.

Par ce fait, ils ne veulent qu'une chose, c'est que le monde et la planète deviennent musulmans.


MARS 1983


Je mets donc mon cartable sur le dos, il est l'heure, j'ai vingt minutes de marche pour aller au lycée avec ma sœur et mon frère.


Le printemps commence à frémir au dehors, et je sais que, comme d'habitude, cela va être une flambée de parfums et une valse splendide de couleurs tout autour de moi.


Je sais que je vais croiser « les barbus », c'est comme cela que les gens d'Oran appellent ces êtres qui se font eux-mêmes appeler « les frères musulmans ».

Il y en a de plus en plus, ils sont maintenant partout.


La plupart sont de jeunes hommes.

De très jeunes hommes, certains semblent n'avoir pas plus de quinze ou seize ans.


Lorsque je les croise, je vois la même chose dans leurs yeux.

Ils sont en colère.

Leurs regards sont noirs de ressentiment.

Tous ont ce point en commun.

C'est même comme s’ils étaient ailleurs, comme branchés sur une réalité construite mais fictive, ils sont même hypnotisés par ce qu'ils ont dans la tête, et cela se reflète dans leurs yeux.


Tous se raidissent à la vue d'une femme.

Ils se laissent pousser la barbe car ils ne veulent pas leur ressembler.

Ils disent qu'elles sont impures et qu'à aucun moment ils ne veulent être confondus avec elles.


Dans mon esprit, une question ne cesse de tourner en rond.

« Mais pourquoi ils ne font rien ? Pourquoi tous les autres non-barbus ne font rien, pourquoi tout cela court-il ? Pourquoi aucune voix ne s'élève pour dire stop » ?


Il est 8H30, je marche dans la rue, mais le matin, ils ne sont pas levés.

Les barbus.

Ils dorment.

Ils se lèvent tard...

Je sais maintenant pour connaître la situation depuis 4 ans qu'ils ne vont apparaître que vers onze heures trente ou midi.


En ce matin de mars 1983, je suis moins choquée par tous ces faits que je ne l'ai été à 10 ans, quand tout a démarré.

Mais quand cette « nouvelle vague coranique » s'est levée, j'ai découvert avec effroi qu'il arrivait aux adultes d'avoir peur.

Je pensais jusque-là que, hormis quelques exceptions, l'adulte en règle générale était sage au sens le plus véritable du terme, je pensais que jamais un adulte ne pouvait avoir peur, puisqu'il est un vénérable sage.


Les adultes que je croise ont peur des « barbus ».


Il faut dire que lorsque vous vous penchez sur la définition du mot « terrorisme », tout devient plus clair : c'est un régime politique basé et fondé sur la terreur.


Les « barbus » sont en effet terrifiants, ils font peur à voir et font peur à tout le monde.


Il y a eu un tremblement de terre il y a trois ans, en 1980, à El-Asnam, il a été ressenti dans toute l'Algérie, et donc à Oran aussi.

C'est une expérience impressionnante que de sentir la terre gronder et rouler sous ses pieds, nous avons tous eu très peur à Oran.

Ce jour-là, notre chienne, Jolie, une cocker noire avait été extrêmement agitée toute la journée et toute la soirée, elle n'arrêtait pas de tourner sur elle-même et se cachait sous les tables et les fauteuils.

Puis dans la soirée, la terre a tremblé très fortement, nous avons tous valsé dans le salon, avec mes parents, ma sœur et mon petit frère.

J'ai eu la peur de ma vie.

Il y a eu cette espèce « d'onde » sous nos pieds, comme un roulement de tambour qui courrait sous la terre.

Après le tremblement de terre, notre chienne est allée se coucher en expirant un bon coup.

Mais sur place, au niveau de l'épicentre du tremblement, c'est à dire la ville El-Asnam, les dégâts ont été très importants, il y a eu de très nombreux morts et des milliers d'habitants n'avaient plus de maison.


L'aide gouvernementale a tardé à venir au secours de la population, les premiers arrivés sur place ont été les « barbus », et la nouvelle s'est répandue dans Oran à la vitesse de la lumière.

Ils sont arrivés par camions entiers remplis de tout ce que la population avait besoin, au passage ils ont raflé un bon nombre d'enfants orphelins et des adolescents sans famille du fait du tremblement de terre.


Je ne le sais pas encore, mais cet après-midi de mars 1983, mon professeur de français ne va pas être là, je vais donc rentrer plus tôt chez moi, et seule.


Les « barbus » ne sont pas seuls, ils ne sont pas les seuls à s'être radicalisés, ils ont invité des femmes, ils leur ont donné le nom de « sœurs musulmanes », et leur signe de ralliement est le port d'un voile noir.

Voile qui normalement se portait blanc.

Elles déambulent dans les rues d'Oran, à la recherche de toutes les femmes fautives à l'encontre de ce qu'elles jugent être digne du coran ou pas.

Les sœurs musulmanes pistent, comme des coyotes pourraient le faire en pleine savane, toutes les « femmes impures » de par leur tenue vestimentaire, leur comportement ainsi que leur maquillage.

Avec le temps, elles-mêmes verront leur corps d'armée dissout, avec les temps même elles seront jugées indignes par leurs "frères musulmans".


Elles aussi font peur, elles circulent en petit groupe de deux ou trois, et leurs mains ne sont pas vides.


Chacune d'entre elles porte des seringues remplies de javel afin d'asperger sur leur passage les vêtements de toutes les impies qu'elles croisent.

J'en ai reçu, tout comme ma sœur aînée.


Puis dans ce lot de « sœurs » qui se disent musulmanes véritables il y a des femmes plus radicales que d'autres, et dans leur seringue, point de javel.


Mais de l'acide.


Elles en aspergent les femmes qu'elles jugent grande pécheresse, et pour celles qui auraient commis des fautes impardonnables, c'est au visage qu'elles déversent leur acide.


Il est quinze heures, mon professeur de français est malade, je ne veux pas attendre ma sœur aînée et mon petit frère pour rentrer, ils terminent à 17H, je décide donc de rentrer.

Je n'ai pas envie de passer deux heures « en permanence »....

Je fais le tour de la cour pour trouver ma sœur et lui dire que je rentre, sinon elle s’inquiéterait de ne pas me voir à la fin de la journée devant le lycée.


J'ai livré mon message, je peux rentrer à la maison.

J'habite en plein centre ville, la rue Mohamed khemisti.


Je sors du lycée par la sortie latérale, il y a là toujours une vielle dame qui vend des bonbons, je lui en achète quelques-uns et je me mets en route.

L'atmosphère est pesante, le ciel était bleu au petit matin mais en avançant dans la journée un ciel voilé s'est installé au-dessus de la ville.

Je trouve les adultes très agités en ce jour.


Je marche depuis dix minutes, il y a beaucoup de monde dans la rue, j'ai déjà croisé des « barbus », plusieurs groupes, tout comme j'ai croisé par deux fois déjà depuis mon départ du lycée des « sœurs musulmanes ».


J’ai une chance face à elle, j'ai beau avoir quatorze ans, mon corps n'a pas encore pris son allure de femme et je porte les cheveux courts, elles me prennent pour un garçon.

On m'a dit « bonjour jeune homme » jusqu'à mes quinze ans.


Sur mon chemin, je croise le regard d'une jeune et belle jeune femme algérienne, je lui souris car elle est magnifique.

Cette dernière répond à mon sourire chaleureusement, elle est vêtue d'un simple jean, et d'un tee-shirt tout ce qu'il y a de correct, elle porte une paire de baskets aux pieds et elle n'est pas maquillée.

Ses cheveux sont attachés et elle ne porte pas de voile.


Puis comme la vie circule, elle passe tout comme moi.


Je suis à mi-chemin de chez moi, dix secondes se sont écoulées depuis ma « rencontre » avec cette belle et jeune algérienne, quand un cri de femme vient déchirer le temps et l'espace au cœur de la rue.

Ce cri n'est pas un cri, c'est un hurlement si profond qu'il en est devenu foudroyant et bestial en un seul et même mouvement.


Ce cri, je ne l’oublierai jamais.


Ce cri ne s'arrête pas, et moi j'ai compris.

Il vient de cette si belle jeune femme que je viens de croiser, elle vient elle-même de croiser « les sœurs musulmanes », et c'est un bain d'acide qu'elle vient de recevoir sur le visage.


Je pleure, la foule se fait plus dense et très agitée, la jeune femme se roule au sol, et je suis bousculée jusqu'à presque tomber par terre par un groupe de deux femmes vêtues de noir.

Ce sont les agresseurs.

Elles fuient comme des lâches, et leur seringue qui étaient emplie d'acide tombe à mes pieds.


La panique s'est emparée de moi et j'ai couru sans m'arrêter jusqu'à tourner la clé de la cour d'entrée de mon immeuble.


J'ai eu la peur de ma vie, et ce qui est advenu à cette jeune femme, une de mes sœurs, constitue pour moi un fait pour lequel je ne trouve aucun mot pour qualifier à la fois l'horreur, la cruauté et la monstruosité.

Je crois que j'ai fait le restant du chemin de la maison en apnée, je ne pouvais plus respirer.

Et que dire du bruit du corps de cette jeune femme roulant dans tous les sens au sol.

COMMENT PEUT-ON FAIRE CELA ?


Avant, je mettais mon walkman sur les oreilles pour aller à l'école et écouter à « fond » Téléphone, Police... Goldman....

Mais avec tout ce qui se passe et cette agitation, je ne l'écoute plus dans la rue.

C'est dans ma chambre que j'écoute ma musique, et quand j'entends Jean-Louis Aubert qui chante sa chanson « la bombe humaine », en silence je lui parle à Jean-Louis et je lui dis « tu sais pas à quel point tu as raison ».


D'ailleurs, vous êtes-vous pencher sur les paroles ?


La Bombe Humaine ()


Je veux vous parler
De l'arme de demain
Enfantée du monde
Elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi
De vous
Je vois à l'intérieur
Des images, des couleurs
Qui ne sont pas à moi
Qui parfois me font peur
Sensations qui peuvent
Me rendre fou
Nos sens sont nos fils
Nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin
Qui mène droit à nos têtes


La bombe humaine
Tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur
Juste à cote du cœur
La bombe humaine
C'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
Prendre en main ton destin
C'est la fin, la fin


Mon père ne dort plus
Sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus
Sans ses excitants
Quelqu'un leur vend
De quoi tenir le coup
Je suis un électron
Bombardé de protons
Le rythme de la ville
C'est ça mon vrai patron
Je suis charge d'électricité
Si par malheur au cœur
De l'accélérateur
J'rencontre une particule
Qui m'mette de sale humeur
Oh, faudrait pas que
J'me laisse aller
Faudrait pas que
J'me laisse aller, non

La bombe humaine
Tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur
Juste à cote du cœur
La bombe humaine
C'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
Prendre en main ton destin
C'est la fin

Bombe humaine
C'est l'arme de demain
Bombe humaine
Tu la tiens dans ta main
Bombe humaine
C'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
Prendre ce qui te tient
C'est la
Fin


Moi, quand je l'écoutais, c'est aux barbus que je pensais, et je savais que la future « bombe humaine », ce serait eux.

Mais je ne m'étais pas imaginé qu'ils deviendraient véritablement "des bombes humaines".

Non, je ne pensais pas qu'ils puissent un jour ou une nuit se faire exploser pour tuer le maximum de personnes, je n'avais pas imaginé le mode "kamikaze", je n'avais pas pensé une seule seconde qu'ils puissent envoyer des enfants faire le "boulot".

Et comme Jean-Louis, je rêvais déjà d'un autre monde.


Il m'arrive parfois de me réveiller en pleine nuit car le cri de la jeune femme ne s’efface pas de moi.


Un autre point me choque, c'est que « les barbus » puissent circuler et être pour faire ce qu'ils sont en toute impunité.

La police est dans la rue, les gendarmes algériens sont eux aussi présents, et tout se fait semble-t-il sans que cela les dérange.

Seraient-ils eux aussi de la partie ? Seraient-t-ils de connivence avec les barbus ?

Ceci est une des questions que je me pose depuis ces rues d'Oran.

Les barbus ont des bus qu'ils garent dans certaines rues et ils recrutent, personne ne dit rien, et les policiers encore moins.

En quatre ans, je n'ai jamais vu aucun policier intervenir pour quoi que ce soit concernant les « barbus » et leurs sœurs musulmanes du moment.

En quatre années, pas une seule fois la télévision a fait mention des "changements ou agressions", non, au niveau des informations j'habite au pays de "Oui oui d'Algérie".

Il n'y a aucune crise économique, les magasins sont pleins, le chômage n'est pas effroyable et le peuple algérien est heureux comme un pape.

Nous vivons même déjà en "cinquième dimension"  tant la liesse et ses joies transpirent au niveau du peuple algérien.


JUIN 1983


Nous sommes dans les cartons, nous rentrons en France définitivement.

L'entrée en radicalisation d'une partie de la population algérienne n'est pas l'unique raison de notre retour en terre de France.

Mais ce virage que semble prendre le pays a terminé de forger le choix de mes parents, à savoir de rentrer en France de façon définitive.


Je suis heureuse de rentrer, j'en ai assez.

On en a assez avec ma sœur et mon frère.


Tout a changé en Algérie, la télé est remplie de sermons religieux à toutes heures du jour, les espaces de liberté se réduisent comme une peau dans son chagrin.

Il commence à y avoir des rumeurs de meurtres sur des civils revendiqués par les frères musulmans.


Je rentre du « bahut », le lycée Pasteur, je viens de rendre tous mes livres, c'est la fin de l'année, je redouble ma quatrième.

Ce fait me contrarie, mais l'idée de notre retour en France efface l'acidité de la situation pour moi.

Avec ma sœur aînée et mon frère, nous attendions cela depuis un moment maintenant.


Peut-être que tous les changements et cette situation algérienne m'inquiètent et me perturbent plus que je ne le comprends moi-même.


J'ai l'Algérie dans mon ADN, que je le veuille ou non, depuis mon statut civil de française.

Le fait d'y avoir été conçue et d'y avoir grandi m'a enraciné à vie à cette terre.

La première eau qui m'a nourrie au travers du corps de ma mère tout au long de sa grossesse est l'eau algérienne.

La nourriture qui me ravitaille et me « vitalise » pour grandir au travers du ventre de maman vient de la terre algérienne, l'air que je ne respire pas encore mais que maman respire, et donc de ce fait m'alimente, est algérien.

J'ai en moi l'écho d'Hamman Bou Hadjar, de Tiaret et de ses belles forêts tout autour de la ville, cette région malgré sa rudesse, porte aussi le nom sur certaines cartes de « royaume de Tiaret », royaume entre autres du peuple « Djedar », cela est juste.

C'est si beau.

Mes yeux gardent en eux le souvenir du cœur.

Ils ont vu tant de fois l'unique, le majestueux et le vénérable, accompagné de son frère le véritable en ces terre berbères.


Alors, oui, la levée de la vague des « barbus » m'inquiète.


Une autre situation me préoccupe.


C'est le sort d'Aziz.


Aziz est un jeune homme de trois ou quatre ans de plus que moi.

Aziz est beau comme un dieu, il est blond vénitien et ses yeux sont bleu/vert.

Rien d'étonnant à cela, car Aziz est d'origine kabyle.

J'avais dix ans quand je l'ai vu pour la première fois, assis sur le parvis de l'entrée d'un immeuble devant lequel je passais pour aller au lycée et y revenir.

Aziz devait avoir 13 ou 14 ans.


Depuis mes dix ans, jusqu'à mes quatorze ans, Aziz a été là, assis, du matin jusqu’au soir, à attendre, il n'allait pas à l'école, il n'avait pas de travail, il était juste là, à regarder passer la vie, sans que personne ne prête vraiment attention à lui.


Durant quatre années, je l'ai vu le midi lorsqu'il m'arrivait de rentrer à la maison, je le voyais en début d'après-midi, puis le soir quand je rentrais définitivement du lycée.


Durant 1460 jours, Aziz a été assis, sans que rien ne se passe.


Puis un jour, cela s'est produit au début du mois d'octobre 1982, Aziz a disparu.

Sa place était vide, le parvis de l'entrée de l'immeuble sur lequel il a passé quatre ans est vacant.


Un après-midi, celui où j'ai rendu mes livres à la bibliothèque du lycée car l'année est terminée, je suis rentrée après 17h, et sur le chemin du retour j'ai aperçu une silhouette que je connaissais.

J'ai appuyé mon regard tout en continuant de marcher vers ma maison, et plus j'avançais et plus je reconnaissais Aziz.

Il s'est tourné vers moi quand je me suis retrouvé à 10 mètres de lui, il m'a reconnue.

Il a baissé la tête et les yeux une fraction de seconde.

Je lui ai souri, mais pour la première fois, lui, non.

Au contraire, il me renvoie un sombre regard et une mimique « chlorhydrique ».


J'ai compris immédiatement.


Je me souviens m'être dit « oh non, pas lui!!!!!! les salauds!!!! ils l'ont alpagué!! »

Les « barbus » lui avaient teint les cheveux, un barbu blond vénitien, ce n’était pas « raccord » avec l'image qu'ils voulaient projeter d'eux, alors un barbu avec une barbe rousse, encore moins.

Ils lui avaient donc également teint la barbe.

Il portait la « robe » et les chaussures des fils du « F.I.S », (Front Islamaique du Salut).

J'ai continué ma marche vers lui, doucement, puis arrivée à une dizaine de mètres de lui il s'est adressé à moi pour me dire :


« Arrière, mécréante ! Arrière, infidèle ! Recule, impure ! Ne me regarde plus, ne m'adresse plus la parole, passe ton chemin, je ne suis plus Aziz ! »


Ces mots « mécréante, infidèle, impure, mécréant », cela faisait des vies et des vies que je ne les avais pas entendus.

Ce verbe, ces verbes, cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas résonné en ma demeure.

A ces mots, des flashs me sont remontés, ils dataient du temps où sur la terre des croisades mes pieds, posés se sont.


Et jamais, surtout en ces temps dits « modernes », je ne pensais les entendre à nouveau.


Je suis rentrée chez moi, si vide, que je n'avais plus rien à dire ni à penser.


     Je n'ai plus jamais revu Aziz.


     Mais je sais qu'avant de devenir "un fou" de dieu, il était un "fou" de rien.

    Je sais qu'avant de devenir des "fous" de dieu, tous ces jeunes étaient des "fous" de rien.

    Je sais qu'avant de devenir un "fou de rien" Aziz était un fou de chagrin de n'être rien pour ce monde, je sais qu'avant d'être tous des "fous de rien", les "fous de dieu" étaient des fous de chagrin de n'être rien pour ce monde.


1ER JUILLET 1983


Je suis sur le bateau avec toute ma famille et toutes nos affaires, nous sommes partis d'Oran pour aller à Marseille.


Je me suis éclipsée, j'ai le cœur si gros.


J'éprouve un sentiment étrange, je me sens arrachée à ce pays que j'aime, ce pays dont j'aime la musique, le rythme, les gens (ceux qui sont tolérants), j'aime son ciel, certaines de ses odeurs.

Je me revois sur la plage du Cap Falcon, je revois Bomo plage, Canastelle, la forêt D'Em Sila, ma montagne des Lions, la si belle forêt de Tiaret, je revois tous ces voyages que nous avons faits dans le Sud jusqu'aux portes du désert.

Je revois mes amies et amis Algériens, je pense aussi à mes ancêtres qui ont fait le voyage en 1962, ce matin du 5 juillet.

Je pense à Hélène, ma grand-mère, la mère de maman qui s'en est allée en 1966, elle n'a pas supporté le déracinement.

Hélène n'a pas supporté de ne plus vivre sur sa terre natale.

Je pense au fils de ma grand-tante Marie, qui doit sa vie aux Algériens, eux qui pourtant l'avaient alpagué dans sa voiture ce matin du 5 juillet, avaient arraché la portière de sa voiture, l'avaient sorti puis jeté à terre pour finir par être munis de boules de pétanque pour lui exploser la tête, puis le miracle.

Une voix qui s'élève dans la foule et qui dit « arrête!!!!!! c'est le fils de Marie !!!!!! »

Marie est ma grand-tante, elle tient un café dans la rue, et elle est aimée de tous, Français et Algériens.

C'est de cette manière que l'Algérie a sauvé mon grand-cousin.

Il avait 20 ans, et au lendemain de son agression, il s'est levé et ses cheveux étaient tous devenus blancs.


Je quitte une grande dame, et malgré le fait que je suis heureuse de rentrer en terre de France, 15 ans en Algérie, cela suffit...


Mes parents nous ont appris à aimer ce pays et les Algériens, ne déplaise à certains pieds noirs.

Ils ont bien fait, je les en remercie pour cela.

Ils nous ont raconté l'Algérie de leur enfance et de leur adolescence, et ils nous ont laissé libres de nous forger notre opinion.


Mais je quitte une nation en crise.

Pour les avoir croisés, « les barbus », et pour avoir essayé de réfléchir, je dis qu'il est facile de croire n'importe quoi quand on ne croit plus en rien, quand un être n'est plus rien pour ce monde, toutes les portes sont ouvertes pour les mauvaises rencontres et les vérités « faisandées ».


Je pense que si la pauvreté était moins grande sur cette terre, il y aurait moins de guerres, surtout au nom de Dieu.

Je pense que si les richesses de la planète étaient mieux distribuées dans le sens de la vie, ces guerres qui ne sont qu'anciennes ne pourraient plus courir en ce monde, ici et maintenant.

J'ai quinze ans, et je sais depuis quatre ans maintenant, que les « barbus » vont grandir, je sais que leurs rangs vont s'agrandir.

Je sais que tout ça passera les frontières, les mers et les océans, je sais qu'un jour ils seront en terre de France, mais pas que, ils seront en terre de la terre toute entière, car la misère elle aussi s'est mondialisée.

La « misère » et les guerres au nom de Dieu sont intimement liées.


J'ai vu tous ces jeunes Algériens embarqués par la « nouvelle vague coranique », la misère matérielle et une éducation inexistante étaient pour tous leur point commun.

Lorsque je quitte mon premier pays, je quitte une jeunesse algérienne qui n'a d'yeux que pour la France, son mode de vie et sa richesse.

Je quitte une jeunesse désespérée.

Lorsque je leur dis que je suis française, beaucoup me disent « tu as de la chance ».

Et en la circonstance, ils ont raison.


Je sais sur ce bateau roulant sur les flancs de ma nouvelle vie vers la France que seul le monde en état de partage fera taire en l'amour la colère mondiale ainsi que tous ses raisins.


AOUT 2017


Trente-quatre années ont coulé.

J'ai quarante-huit ans maintenant.


J'aurai tant aimé me tromper.


Trente-quatre années se sont écoulées depuis ma lettre écrite en ce mois de mars 1983.

Les « barbus » ont grandi et se sont exportés sur toute la planète.

Leurs visions de la vie avec.

Le « F.I.S » est devenu « G.I.A », le « GIA » pour aller vite est devenu « DAECH », et quoi demain ?

Le « Califat » ou « L'empire du soleil levant ».

Nous avons pourtant tous été prévenus concernant « l'Empire », il me semble.

Ne nous a-t-il pas été annoncé « qu'il contre-attaquait » ?


Nous sommes dans un système qui porte le nom de mondialisation et, tel que nous l'avons édifié tous ensemble, il est tout ce qu'il y a de plus toxique à la vie, car justement un sens crucial a été inversé.

Ce sens que nous avons inversé est que nous avons permis aux décideurs de cette planète de placer l'humain au service de l'argent et de tous les autres pouvoirs qui découlent de cette essence « monnaie».

Par ce sens, « argent et ivresse du pouvoir » sont intrinsèquement liés.

Par ce principe, nous nous disons que seuls ceux qui ont un compte en banque bien fourni sont alors puissants, nous nous disons que pour être puissant il faut être argenté.

Par ces sens et directions, nous avons placé la vie au service de l'entité argent et ses pouvoirs, nous avons mis le vivant au service du pouvoir de l'argent.


Nous sommes donc dans un système qui est « anti-vie ».

Si je place la notion « christ » au sens de « vivant » quant à sa signification, comme je le fais en ces lignes, alors nous sommes dans un système « antichristique ».


Notre création œuvre contre le vivant en étant au service de « l'unité » argent.

Ce n'est pas « ELLE » qui s'est placée en cet endroit précis, non.

Nous avons tous permis et crée ensemble et communément la place et le rôle de cette « nature » argent.

Notre création oeuvre dans le sens de la non-unité, car "l'unité argent" telle que nous l'avons mise au monde, divise pour mieux régner.

"Diviser pour mieux régner" est un des premier précepte guerrier à appliquer pour celui ou celle qui veut durer en ce monde des pouvoirs.


En la posant là où nous l'avons déposée, nous avons créé en outre « les barbus » et tous ceux qui descendront de leurs branches et leurs arbres pour mener en ces jours à Daech, et demain, ce fameux Califat du soleil levant.


Le « spot » que nous avons choisi pour surfer sur la vague de la vie ne fait que faire grandir à la fois les plus riches et les plus pauvres, mais la croissance de chacun et chacune ne va pas dans le même sens.


Mais d'autres œuvres sont issues de notre création, nous avons perdu de vue que la richesse n'est pas uniquement basée sur la valeur « écu du métal ou du papier ».

Que faisons-nous de toutes les autres richesses, celle du cœur, celle des mains qui se tendent ?

Que faisons-nous de toutes les autres richesses que nous avons occultées tant l'entité « argent » règne en tous nos mondes.


La richesse n'est pas que celle de l'argent.

L'argent ne permet qu'une certaine forme de richesse.

L'argent, la monnaie, n'est qu'une branche de l'arbre de vie de la vie.

C'est un arbre immense, vieux et fort, et le nombre de ses branches est à vous couper le souffle.


Son battement de vie est aussi celui du cœur, de l'âme et de la présence. De la présence divine.


N'oublions pas que le système « monnaie » a été créé pour ne pas avoir à échanger un cochon contre 200 Kg de riz.

Par certains côtés, je peux aussi écrire que le système « monnaie » est là pour couper la route de l'échange et du partage.

Par certains aspects, je peux aussi dire que la valeur « argent » coupe la route de la chaleur et de la fraternité, donc de l'unité.

Diviser pour mieux régner.

Encore.

Voilà aussi l'un des rôles que joue l'entité « argent » auprès de nous collectivement.


En ces jours, les plus riches sont plus riches, et les plus pauvres sont plus nombreux chaque jour et en tous lieux.

Cette mission mondiale que nous avons impulsée et que nous entretenons crée une misère effroyable sur cette terre.


Je peux aussi écrire à nouveau que la misère elle aussi s'est mondialisée, mais rien d'étonnant à ce fait quand le système en cours est injuste.


L'injuste a de nombreux visages, l'un d'eux est qu'il ne peut accoucher que de lui-même à savoir un sens injuste, mais l'injuste peut aussi parfois mener à ce qui peut être plus juste.


En mon cœur, je prie pour que cet « injuste » nous mène au plus « juste ».

Il faudrait tellement que ce temps arrive.


Un temps plus juste, où ensembles nous détricotons ce que nous avons tricoté pour enfin placer le vivant au centre de nous-mêmes et autour de nous.

Par tous ces sens, je crois que nous pouvons revoir l'ensemble de notre copie afin de rendre un bon « devoir », le seul et l'unique possible devant nous et pour le restant de nos frères et sœurs nés du « mauvais côté » de la barrière, comme un service à la vie.


Comme un service rendu à nos enfants, nos petits-enfants, et nos parents de toute la Terre.


Nous pouvons stopper cette course folle incarnée par tant de nos dirigeants, et nous pouvons œuvrer tous ensembles à réparer tous ces trous béants que nous avons faits à la vie et au vivant dans son ensemble.

Les peuples, je le pense, sont en mesure de réparer les trous béants que nous faisons aux autres et à nous-mêmes.


Souvenons-nous des autres richesses, des vraies richesses, souvenons-nous de l'Univers et du Dieu grand, car il est le représentant de la richesse sous toutes ses formes, souvenons-nous que ces richesses sont aussi en nous, au creux de notre ventre, en notre cœur et en notre esprit.


Au-delà de toutes considérations géopolitiques, je pense que c'est comme cela que le « feu » de l'Empire ou du Califat s'éteindra tout seul et de lui-même.

C'est comme cela, je le pense, que tous les feux de la terre s'éteindront.


Dans un livre que j'ai lu, et pour avoir vu le film tiré de ce film, à savoir « la prophétie des Andes, il est question de la neuvième révélation non encore découverte ou comprise concernant cette prophétie.


Je me souviens exactement de ce qui est dit dans le film, c'est à peu près au trois-quarts, un homme d'église et un militaire parlent ensembles du danger de cette prophétie, et ils parlent tout particulièrement de cette fameuse neuvième révélation non encore découverte.

Le militaire s'adresse à l'homme d'église et il lui dit « si cette prophétie se réalise, si ce dont parle cette neuvième révélation se produit, alors les hommes comme vous et moi cesseront d'exister ».


En mon cœur, en tous mes chœurs, en toutes mes chapelles, en tous mes royaumes, qu'ils soient ombres et lumières, qu'ils soient lumières et ombres, cette neuvième révélation résonne en moi de la manière suivante :


Dans un monde de partage et d'échange véritable, alors oui, les hommes et les femmes « de pouvoir » cesseront d'exister, et c'est bien cela qui les effraie au plus haut point, au point de tout faire pour que l'humanité n'entre pas dans le partage et l'échange, au point de n'avoir qu'une seule mission sur cette terre, à savoir maintenir coûte que coûte la et les disharmonies entre les peuples et entre les gens d'un même peuple.


Et pour cela, la phase ultime est le point religieux.


Car, oui, dans un monde d'échange et de partage véritable donc vénérable, les hommes et les femmes de « pouvoir » cessent d'exister.

Car, oui, dans un monde de partage vénérable et d'échange véritable, toutes les formes de pouvoir, qu'elles soient religieuse, militaire, politique ou autre cessent d'exister.


Cela provoque une grande panique pour ceux et celles qui ont fait du pouvoir sous toutes ses formes leur pain et le vin quotidien.

Alors chaque jour qu'ils vivent, depuis leur minaret d'argent et de pouvoir, pour surtout garder cette position auprès de nous tous, les hommes et les femmes de pouvoir psalmodient sans relâche leurs prières.

Pour cela, ils rompent leur pain qu’ils donnent à leurs disciples en leur disant, « prenez et mangez-en tous, car ceci est mon corps », puis ils prennent leur eau en disant « prenez et buvez en tous, car ceci est mon sang ».

Mais cette prière n'est que le reflet de leur peur immense de ne plus avoir aucun sens ni existence dans ce fameux monde plus juste, fait de partage, d'échange, donc de paix, d'amour et d'harmonie.


Je le comprends.


Mais cette prière est bien aussi le reflet que nos dirigeants savent quelque chose que nous avons oublié, ils connaissent la force d'un peuple qui se lève car il a décidé de marcher vers le plus juste ou le moins injuste.


Tous savent qu'il nous suffirait d'un tout petit souffle pour que nous entrions, sans eux, dans ce monde d'échange véritable et de partage vénérable.

Tous savent que s'il pouvait nous arriver d'oublier une seconde nos peurs et nos craintes de l'autre, crées par eux, nous pourrions en une seconde aussi nous souvenir de ce que nous avons tous en commun, à savoir l'envie d'aimer et d'être aimé, et entrer toujours en une seconde dans ce monde d'amour et de compassion tant craint par eux.


Mais c'est bien de ce monde de partage véritable et d'échange vénérable dont j'ai soif pour mes enfants, mes parents, mes frères et sœurs, mes amis, mes ennemis, pour chaque être humain de cette terre, pour chaque être vivant de cette planète.


Et nous avons tous connu ici ou ailleurs un monde d'échange véritable et de partage vénérable.

Nous pouvons ensembles le réaliser.

A nouveau.

Nous pouvons chacun et chacune être ce monde de partage et d'échange pour finir par être un monde vénérable et véritable.


Je trouve aussi, du fait qu'il y ait peu de musulmans qui expriment leur « pas en mon nom », qu'il y a peu d'images à offrir sur « la toile de net » à ces jeunes qui regardent du côté des barbus pour alimenter leur colère et leur haine.

Ces jeunes disposent finalement de peu d'images du peuple de l'autre Coran.

Celui qui dit que les femmes sont les sœurs des hommes.


Pour terminer, je dirai aussi que les « barbus » sont aussi la manifestation d'un symptôme, celui du rejet du féminin, je peux aussi écrire « les barbus » ont leur féminin qui est tombé malade.

D'où le rejet de toutes les femmes.

Depuis que je suis petite je sais qu'un monde sans femmes n'est pas le monde et que bien des fléaux et des sécheresses matérielles et spirituelles naissent de cette manière de vivre, tout comme je sais qu'un monde privé d'hommes est lui aussi un monde sans âme ni vie, un monde où seul les calamités et les famines, qu'elles soient physiques ou spirituelles règnent.

Ils ne le savent pas, mais les « barbus » se mutilent en premier lieu avant de mutiler les autres.


Je pense que s'il s'agit du fait religieux, alors la meilleure manière d’honorer Mahomet, Bouddha ou le Christ, c'est de placer au plus haut le ventre qui a porté ces êtres, et c'est bien celui d'une femme.

Au nom de Mahomet, Bouddha et Christ, l'humanité ne devrait pas toucher à un seul cheveu de la femme.


J'ai aujourd'hui quarante-huit ans, est-ce que ce monde va bien ?

Est-ce que notre monde va bien ?

Est-ce que nous allons bien ?

Je crois que c'est à chacun d'être dans sa réponse.


J'ai une dernière question à vous poser.

Que se passerait-il si tous ceux qui le pouvaient vidaient leur cave et leur grenier de tous leurs « on ne sait jamais » pour l'offrir à ceux qui ont moins, ou rien ?

Que se passerait-il si tous les peuples de la terre qui sont en mesure de le faire vidaient leurs caves et leurs greniers pour les offrir au restant des autres peuples en désespoir ?

ET SI ON ESSAYAIT?

Pour voir ?


Je vous adresse l'un de mes textes.

Il est le résumé de mon expérience.

Je l’ai écrit il y a quinze ans. J’avais commencé à l’écrire il y a quinze ans…


Alors, à vous mes frères « fou de Bassan »


Pardon, car je suis aussi responsable de tout cela, et à vos pieds je dépose tout mon amour de fille, de femme, de mère et de citoyenne de ce monde.





Les fous de Bassan



Venus du fin fond de leurs bassesses,

des fous de Bassan ont élu tristesse,

ils se battent au nom de leur déesse,


la religion couleur fanion,


rose pourpre du désespoir,

lorsqu’en guerre, elle en est l’invitée courtisée.


Venue d’une antique infirmité,

ils sont prêts à plaider cette cause impensable,

une guerre sans âge venue du fin fond de cette méconnaissable méconnaissance :

l’amour et lui-même dans toute sa paix…


Celui qui devait convaincre par la beauté de son universalité

s’apprête aujourd’hui,

comme dans une danse parmi les loups,

mutante dégénérée depuis la pauvreté,

à un Ave de laideur…

car le ventre creux et l’esprit vide ouvrent la porte de l’oubli.


Ils n’ont plus que leur vérité couleur vide pendue en toison,

indigent poison d’ignorance dans leur vie,


ils veulent aujourd’hui tuer et mourir au nom d’un fanion couleur religion,


rose pourpre du désespoir,

lorsqu’en guerre, il en est l’invité courtisé…


Venue de la mauvaise face,

des fous de Bassan pour n’être que tristesse

ont élu bassesse.


Comme une armée de terre,

ils se font soldats de glaise

et feux de haine,

ils veulent tuer au nom de leur dieu,

unique vérité dans leur aveuglement

pour oublier l’universel de l’amour : lui-même dans toute sa paix…


Reflet aux mille visages,

pour n’être que l’envie d’aimer.


Il est vrai que le ventre et l’esprit vides se comblent

aussi facilement

que le pain se nourrit de la misère…

Il est facile de croire que l’autre a raison

lorsque l’on ne croit plus en rien,

toutes les roses noires sont alors bonnes à saisir…


elles s’abandonnent volontiers aux vendanges funestes

qu’est le cri de la pauvreté…


Une guerre de religion couleur fanion,


en oubliant que toutes les tables gravées,

qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs,

ont connu le langage universel,

celui de l’amour,celui qui se dit aussi I love you, ti amo,

jusqu’à être décliné dans toutes les langues,

celles qui font le chemin de notre cœur…


Mais les fous de Bassan ont élu détresse,

venus du fin fond de leurs tristesses,

ils se battent au nom de leur déesse :

le fanion couleur religion,

la rose pourpre du désespoir,

lorsqu’en guerre il en est l’invitée attisé


 

Prenons soin de nous, prenons soin d'eux, tous les autres du vivant.

emmanuelle Aman.




publié par emmanuelle  23.08.17 11:50

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